Bernadotte / Guy Mathelié-Guinlet
Une biographie pour "réhabiliter" Bernadotte : le livre de Guy Mathelié-Guinlet.
La quatrième de couverture nous avertit que l'auteur a voulu "rendre justice à un personnage bien souvent décrié et accusé d'avoir été traître à son pays". Et à cela, il n'est pas faux d'ajouter qu'une des autres ambitions de G. Mathelié-Guinlet a été de montrer la "béarnité" de Bernadotte qui est affirmée dès les premières lignes : "Bernadotte, maréchal de France, roi de Suède est un pur produit du Béarn". Le voilà donc labelisé ! Mais qui a-t-il de béarnais chez Bernadotte ? Il arrive qu'on manque de s'étouffer en lisant le livre : par exemple à la page 63 : "Il va être un gouverneur équitable qui sera aussi populaire en Hanovre qu'il l'avait été dans ses autres gouvernements. Il a cette qualité de savoir se faire aimer des populations qu'il gouverne, qualité qu'il tient de la plus profonde tradition béarnaise." Il est vrai qu'Henri IV est lui aussi un pur produit du Béarn et que tous les béarnais lui ressemblent... Quant à savoir si l'administration française est aimée dans le reste de l'Europe, cela semble surprenant.
Le seul élément biographique qui peut, à la rigueur, être expliqué par son origine, est son apparente facilité à changer de religion pour devenir roi de Suède, Henri IV servant toujours de modèle. Mais, en ces temps d'après déchristianisation, il ne se serait certainement pas manqué de français pour accomplir le même renoncement...
Enfin, il n'est pas possible de résister à citer quelques ligne de Guy Mathelié-Guinlet qui décrivent son sujet installé sur le trône de Suède :
« C’était un souverain qui travaillait beaucoup, avec une manière particulière. C’est souvent dans son lit qu’il recevait ses ministres et traitait avec eux les affaires de l’état. Il s’attacha avant tout à redresser les finances du pays, qui étaient au plus bas lorsqu’il avait été élu prince hériter. La production industrielle et le commerce doublèrent en quinze ans, et la Suède devint la quatrième puissance maritime d’Europe. Le pays était un vaste chantier, on construisait hôpitaux, écoles, arsenaux, citadelles. C’est sous le règne de Charles XIV Jean que fut creusé le canal de Gotha entre la Baltique et la mer du Nord, ce qui facilita et favorisa le commerce non seulement de la Suède, mais aussi de tous les pays nordiques. Le roi fit mettre en valeur d’immenses étendues incultes, il développa la production des chevaux et des bêtes à cornes. Bref, rien n’échappait à son œil vigilant. En même temps, il faisait préparer une réforme du code civil et du code pénal, et il affranchissait tous les juifs de Suède. On peut dire que le règne de Charles XIV Jean Bernadotte fut l’âge d’or de la Suède, qui n’avait pas connu pareille prospérité depuis Gustave-Adolphe. Le roi béarnais, qui gouvernait en souverain d’expérience et en père débonnaire, fut appelé par ses sujets « le Père du Peuple ». (pages 120-121)
Non, il ne s'agit pas d'un portrait de Nicolas Sarkozy même si l'hyperactivité nous y fait penser. Il faut tout de même ajouter que si les faits économiques généraux rapportés ici semblent vrais mais il est peu probable que Bernadotte en ai décidé depuis son lit... Il faut aussi rappeler qu'il est un roi constitutionnel et n'est donc pas le chef du gouvernement. Certains ont décidément du mal à faire la différence...









